Le carcinome hépatocellulaire (CHC), de loin le plus fréquent des cancers primitifs du foie, se développe habituellement sur une cirrhose, plus rarement sur une hépatopathie chronique non cirrhotique, exceptionnellement sur un foie sain. En cas de cirrhose, il existe donc un cancer, un état précancéreux et une fonction hépatique précaire, particularités qui conditionnent le pronostic et la démarche thérapeutique, qui doit donc tenir compte de l’extension tumorale et de l’état du foie non-tumoral.
En France, l'incidence annuelle est de 11/100.000 chez l’homme et de 1,5/100.000 chez la femme ; comme dans les autres pays occidentaux, il a été constaté une forte augmentation d'incidence depuis 20 ans (nombre de nouveaux cas / an passé de 2000 à 6000) en raison principalement de l’augmentation de l’incidence de la cirrhose due au virus de l’hépatite C.
Le niveau de preuve de l’efficacité des traitements disponibles est faible ; la transplantation hépatique est le traitement le plus efficace mais les indications sont actuellement limitées par la pénurie de greffon ; en cas d’impossibilité du recours à la transplantation, la chirurgie d’exérèse et la radiofréquence percutanée sont les autres méthodes à visée curative ; la chimioembolisation lipiodolée est un traitement palliatif prolongeant la survie de malades sélectionnés pour leur bonnes fonctions hépatiques ; il n’y a pas de traitement médical efficace.
Le pronostic reste globalement médiocre ; les progrès viendront de l’amélioration du dépistage de la cirrhose chez les malades à risque et du CHC chez les malades atteints de cirrhose, d’une meilleure connaissance de la carcinogenèse et de ses facteurs prédictifs, de la combinaison des méthodes thérapeutiques et de l’éventuelle efficacité de nouvelles thérapeutiques médicales.