10ème réunion d’automne : L’APCD à la plage

L’APCD a fêté son dixième anniversaire à l’occasion de sa réunion annuelle qui s’est tenue les 22 et 23 septembre à l’hôtel Holiday Inn du Touquet. Cette réunion à la fois studieuse et festive a permis de réunir 70 médecins de la région. 
Pour la partie travail, nous avons eu la chance de bénéficier de la présence de « ténors » de la cancérologie digestive. 

Jean-Pierre Triboulet du CHU de Lille, spécialiste français de la chirurgie du cancer de l’œsophage et du cardia, avait participé à la première journée de l‘APCD en octobre 96. Il nous a fait une mise au point sur l’évolution de la prise en charge des cancers de l’œsophage en dix ans et nous a présenté les recommandations publiées dans le thésaurus de la SNFGE (www.snfge.asso.fr, thésaurus). Quelques messages forts ont été rappelés : - seule une résection oesophagienne Ro est intéressante, elle peut être prédite de façon assez précise par l’association échoendoscopie-TDM-TOGD ; - la place du PET-scan semble se limiter aux malades chirurgicaux ; - dans les stades I et II, la chirurgie seule permet  d’obtenir une survie de 59% à 5ans et pour les autres stades la radio-chimiothérapie exclusive est recommandée, pouvant être suivie d’une réévaluation chirurgicale en cas de persistance tumorale prouvée. 

Jean Boyer, gastro-entérologue au CHU d’Angers, nous a fait un brillant exposé sur la place de l’endoscopie interventionnelle en cancérologie digestive. Les tumeurs de la région oeso-cardiale sont particulièrement concernées par ces techniques : - pour les cancers épidermoïdes superficiels de l’œsophage, la mucosectomie des petites tumeurs < 2 cm, Tis-T1mN0, offre de bons résultats à long terme, elle peut être associée une photothérapie dynamique ou à une destruction laser si la tumeur est plus étendue ; - pour les adénocarcinomes sur EBO, l’expérience d’Angers (50 malades) montre l’efficacité du traitement associant une mucosectomie avec destruction argon suivi de photothérapie dynamique (13% de récidive).

Christophe Laurent du service de chirurgie colorectale de Bordeaux nous a exposé les nouveautés en cancérologie du rectum et a développé en particulier trois concepts récents :

  •  la marge circonférentielle, distance de sécurité dans le mésorectum entre la tumeur et le fascia recti, doit être supérieure à 1mm pour diminuer le risque de récidive au dessous de 10% ;
  • l’épargne sphinctérienne permet de limiter le risque d’amputation abdomino-périnéale avec une qualité carcinologique identique;
  • « l’épargne rectale » , notion en voie d’exploration, consiste, après radio-chimiothérapie à proposer une exérèse locale chez les malades bons répondeurs plutôt qu’une proctectomie comme cela est recommandé… une direction pour les stratégies du futur. 

Alain Dubreuil du CHU d’Amiens nous a ensuite fait le point sur les données actuelles d’épidémiologie cancérologiques en Picardie et les évolutions organe par organe confirmant pour notre région la diminution des cancers de l’œsophage et l’augmentation des cancers du colon et du foie.

Une séance très intéressante sur le « plan cancer », l’organisation des soins en cancérologie et sa mise en place en Picardie, a été animée par le Dr Zylberaid du réseau picard de cancérologie et le Dr Barbare de l’INCA. La création de réseaux thématiques au sein du réseau régional de cancérologie a particulièrement attiré l’attention des membres  de l’APCD : en effet, notre association devrait pouvoir rapidement être au centre du réseau de cancérologie digestive de Picardie  puisqu’elle répond déjà pour partie au cahier des charges permettant d’obtenir le label de réseau thématique (référentiel, site internet…)

Pour la partie festive, nous retiendrons le cadre luxueux du Touquet, une très belle dégustation œnologique par un sommelier de renom, des ballades sur la plage pour les plus courageux et ces moments de rencontre entre nous…Cette réunion a donc répondu à la vocation de notre association : promouvoir la cancérologie digestive en Picardie et être présent au sein des projets régionaux dans un climat de convivialité.

Dr François Mauvais, CH Beauvais