La lettre 02.60.80 n°13 (2012)

Editorial

 

L’APCD a fêté ses 15 ans au Touquet les 16 et 17 septembre dernier. Cette réunion exceptionnelle s’est déroulée dans le cadre luxueux de l’hôtel Westminster et les orateurs ont élevé le niveau scientifique très haut en restant très accessibles aux questions pratiques de notre exercice quotidien. Il a été une nouvelle fois très agréable de nous retrouver ensemble autour de ce qui nous passionne et nous réunit, la cancérologie digestive.

L’APCD est active et nous nous attelons cette année à deux grands chantiers : le rajeunissement du site internet et la généralisation de la visioconférence régionale.

Le site internet est en cours de restructuration et nous espérons vous proposer lors de la réunion de novembre la nouvelle formule qui comprendra des mises au point, des cas cliniques, des vidéos et aussi des liens avec d’autres sites en particulier les différents thésaurus de cancérologie digestive.

La visioconférence est actuellement en expérimentation une fois par mois entre le CH de Beauvais et le CHU d’Amiens et rencontre un certain nombre difficultés techniques que nous ne doutons pas de vaincre progressivement (transmission d’image, qualité sonore…). Au-delà des problèmes techniques, nous pourrions nous poser la question de l’intérêt d’une visioconférence régionale. En effet, chacun d’entre nous travaille dans une équipe rattachée à une RCP qui gère les cas habituels avec l’aide de thésaurus nationaux et, pour les dossiers difficiles, l’habitude est souvent prise de référer à des centres d’excellence. La place de la visioconférence peut donc paraitre inutile ou redondante. En réalité, nous savons bien que nos RCP ne sont pas parfaites, et que le petit nombre de médecin de chaque spécialité limite rapidement la discussion des dossiers. Cela n’est habituellement pas gênant lorsqu’il s’agit de pathologie courante, mais dans les situations difficiles, un autre avis ou une proposition jusqu’alors non évoquée peut enrichir la discussion et modifier l’attitude initiale. Il peut arriver par ailleurs que les différents acteurs de la RCP locale ne tombent pas d’accord sur la stratégie à suivre ; la discussion à plusieurs ainsi que la relecture des images radiologiques permettent souvent de mettre chacun d’accord sur le choix thérapeutique. Enfin, la visioconférence permet d’utiliser les compétences présentes dans les établissements de notre région. Ces spécialistes ne vont pas se substituer aux équipes hyper-spécialisées (sarcomes à l’IGR) ou aux groupes déjà constitués (Renaten pour les tumeurs neuroendocrines) mais pourront donner un avis éclairé dans des situations difficiles ; par exemple en cas de métastases hépatiques où l’avis de chirurgiens hépatiques est nécessaire en début de traitement pour juger du caractère potentiellement résécable qui influencera la stratégie thérapeutique ou bien lors de la discussion d’un cancer du rectum afin de juger de l’indication d’une radiothérapie en fonction de la hauteur de la tumeur, sa marge circonférentielle ou son stade.

La visioconférence en pratique est un moment très stimulant de discussion, un peu comparable aux séances de cas cliniques présentés lors de nos congrès ; elle peut même parfois contribuer à notre formation.

Nous souhaitons que tous ceux qui le désirent puissent nous rejoindre. A très bientôt.

 

François Mauvais